Written by 0 h 00 min Pédagogie, Réforme de l’appareil productif

Réforme de l’appareil productif

2019-2020

 
 

Dessiner l’appareil productif des sociétés de basse énergie

L’appareil productif contemporain est fondé sur une mobilisation totale des ressources naturelles, détruisant à une vitesse exponentielle le monde et les humains qui s’y meuvent. Les récents travaux du philosophe Pierre Caye envisagent l’architecture non seulement comme une discipline mais aussi comme un âge des sociétés, un mode de production potentiellement non destructif. Cette hypothèse sera la base d’un travail d’application de la pensée architecturale à la réforme de l’appareil productif contemporain. Le présent travail de recherche a pour objectif d’explorer théoriquement et empiriquement l’hypothèse de l’émergence de moyens de production alternatifs pour la mise en œuvre de sociétés de basse énergie.

La méthode utilisée est celle de l’application des savoirs architecturaux à la reforme de l’appareil productif contemporain, notamment dans l’accompagnement scientifique d’un projet en cours de création d’une école de réforme des moyens de production.

Les travaux présentés ici et la pédagogie qui les anime ne sont pas des activités de l’association. En savoir plus

Énergie
Technique
Post-colonialisme
Agriculture
Eco-féminisme
Valeur
Nature
Droit

1 – L’énergie : une proposition de réforme de l’appareil productif

Damien Gesse et Marine Terrat

Où vivons-nous ? Vous connaissez probablement les grands maux qui agitent notre monde : surconsommation, guerres, pauvreté, famines, injustices sociales, pollution environnementale, impérialisme, crise énergétique. Le lien d’engrenage qui les lie est l’énergie. Nous vivons tous grâce à l’énergie, qu’elle soit fossile, renouvelable, matérielle ou humaine. La relation entre les humains et l’énergie a été pervertie. Les humains ont réservé les utilisations de l’énergie à ses propres besoins qui, comme nous le verrons, sont devenus de plus en plus nombreux et superficiels. Quelque chose ne va pas dans notre société. […]

[…] Pour échapper à cette vie matérielle contrôlée et manipulée par la société capitaliste, il est nécessaire de s’interroger sur une nouvelle forme-de-vie, c’est-à-dire de nouvelles règles à établir et à suivre. Ainsi la forme-de-vie doit être abordée d’un point de vue énergétique mais aussi politique, écologique et sociologique. Quel nouveau système pouvons nous proposer pour nous libérer de notre système actuel, corrompu et condamné ?

Nous proposons une organisation basse énergie basée sur la Force animale.

[…] A partir du 1er Janvier 2021. Les habitants créent la première École d’Expérimentation de l’Energie, appelée «Le Labo», située à Vernon dans l’ancienne Manufacture des Capucins. Son objectif est de créer une véritable organisation citoyenne et territoriale de basse énergie à partir de l’expérimentation, de la recherche et de la transmission. Une véritable école des nouveaux moyens de production. Une majeure partie du temps sera consacrée à la pratique plutôt qu’à la théorie, contrairement à la plupart des écoles aujourd’hui. Une transdisciplinarité dans les sujets, combinant connaissance et savoir faire, permettra aux étudiants d’expérimenter et de proposer des solutions sur comment répondre aux besoins de la population. […]

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2 – Le post-colonialisme : une proposition de réforme de l’appareil productif

Océane Arbez et Anaïs Ordeanneau

Aujourd’hui, notre société est sous la domination d’un système impérialiste qui se traduit par l’application du capitalisme. L’impérialisme consiste en la domination culturelle, économique, militaire d’un État ou groupe d’États sur un autre État ou groupe d’États. Durant la post-colonisation, période où l’on discute des différents effets culturels de la colonisation, Rosa Luxembourg explique les dominations entre les anciens pays capitalistes et les nouveaux pays indépendants. Ces dominations restent d’actualité, notamment avec l’emprunt international, plus couramment appelé le système de la dette. Pour exemple concret, les pays africains ont été exploités pendant plusieurs années et se retrouvent aujourd’hui piégés à rembourser une dette qu’ils n’ont jamais approuvé. De cette manière, les vieux pays capitalistes essaient de développer les jeunes pays tout en les maintenant sous domination. […]

Que pouvons-nous apprendre et/ou utiliser du passé pour nous désintoxiquer de l’impérialisme ?

[…] La première partie de notre projet consiste à réutiliser ce que le gouvernement d’Allende a fait dans le passé avec Cybersyn. Notre production est contrôlée par un nouveau programme informatique que nous appelons «Post-colonial Prod», afin d’adapter la production à la consommation. Pour cela, il faut calculer le meilleur rendement de la culture pour éviter d’éventuelles pénuries. Comment fonctionne le Post-colonial Prod ?
Il se compose de 5 systèmes. […]

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3 – L’éco-féminisme : une proposition de réforme de l’appareil productif

Alexandre Chabane et Remy Guggiari

En tant qu’hommes travaillant sur la réforme des moyens de production à travers une école et l’écofeminisme, il nous semble essentiel, au vu du sujet et de nos lectures, que le projet soit entièrement développé par des femmes. Il s’agit donc ici d’un scénario sur ce que pourrait être un réseau d’écoles sorcières de réforme des moyens de production. Et nous illustrons cela par le cas de l’école de Vernon, et de son impact dans le territoire SNA.

[…] Le réchauffement climatique provoque des modifications sur les écosystèmes, et aura des conséquences sur la survie des espèces animales et végétales de la planète. […] La plupart de ces faits peuvent s’expliquer par le phénomène d’accumulation primitive, développé par Karl Marx, qui nous montre que le capitalisme, afin de se perpétuer, nécessite un apport permanent de capital exproprié. Silvia Federici rattache l’expropriation du à l’accumulation primitive au travail non payé des femmes, dans le cadre de la reproduction. Elle nous montre qu’au centre de l’asservissement des femmes et de l’appropriation de leur travail se trouve l’institutionnalisation des différents processus de dominations envers les femmes.

Face à ce constat alarmant l’écoféminisme fait son apparition. Né de la conjonction des courants de pensées féministes et écologistes dans les années 70 aux Etats-Unis. […] Dès les années 1960, les féministes se ré-approprient l’image de la sorcière. […] Certains lieux organisent alors une résistance face aux formes d’oppressions du système actuel et c’est le cas de l’Ecole Sorcière de réforme des moyens de production de Vernon.

Cette communauté anti-capitaliste est un lieu de réappropriation des moyens de productions, offrant un accueil et un enseignement parallèle à toutes les femmes. C’est également un lieu de soutien et de protection pour les femmes :

  • L’école s’organise autour de trois différentes étapes dans la vie d’une femme, rythmé par les menstruations.
  • L’école de sorcières de Vernon met en avant les savoir féminins dans l’éducation.
  • L’école joue le rôle d’un nouveau pôle de santé axé sur la gynécologie et les médecines douces. Elle permet d’offrir au territoire ses connaissances et réforme les moyens de production par le biais de la médecine.

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4 – La nature : une proposition de réforme de l’appareil productif

Riham El Ouazzani et Elisa Seguin

Voici le récit d’un monde où tout était paisible. Dans un état d’équilibre les quatre éléments chantaient la vie. De ces chants sont nées des mélodies, mettant le monde dans un mouvement de danse qui créa montagnes et vallées, vents et océans, humains et non humains. Cette mélodie dansante est l’orchestration de Gaïa, une force mère consciente et maîtresse des relations entre les parties pour former son tout. Attentifs au chant de Gaïa les anciens mayas quiché le retranscrivent sous la forme d’un livre sacré : Le Popol Vuh, pour en faire le sens de leur existence. Ils rendent compte d’une mère nature présente depuis le vide et le silence des cieux. Gaïa est cet être qui accueille les énergies et les intéractions du monde afin de les agencer et donner à chacun une âme, une vie.

Egarés dans les ruines du capitalisme, quelques homo-économicus trouvent refuge à la manufacture des capucins dans la ville de Vernon entre Paris et Rouen, sur les terres de l’agglomération Seine Normandie. Une fois à l’abri ils prennent conscience de la fragilité de l’équilibre de Gaïa et souhaitent communiquer avec la puissance mère afin d’éviter un nouveau rugissement. Ainsi pour maintenir l’équilibre ils décident de synchroniser leurs besoins avec ceux de la nature. À la manière d’une correspondance épistolaire, ces homo-economicus décident d’écouter ce que la puissance mère a à leur dire. La correspondance est une forme d’échange, de communication faite par le biais de lettres, se répondant tour à tour. Cette image évoque alors que chaque chose du monde, les humains et non-humains auraient des choses à se dire et à se répondre. Cela engage l’idée du mouvement d’un être vers un autre, d’une relation, d’une forme d’amour.
Faisant de la correspondance avec Gaïa le sens de leur vie, les anciens homo-économicus deviennent alors les homo-gaïaicus.

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5 – La technique : une proposition de réforme de l’appareil productif

Valérian Caradec et Elisabeth Nampry

La technique peut être définie comme toute action humaine sur le monde qui, à un moment donné du processus, a nécessité des compétences, des connaissances et des expériences humaines.

La technique est une composante majeure de nos actions.

Mais il semble qu’il y ait un problème avec l’application de ces techniques puisque nous avons atteint un seuil concernant la façon dont nous produisons et dont nous consommons. […] Les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont dus à une économie éparpillée basée sur la surproduction pour faire de l’importation et de l’exportation un des fondements de notre système économique actuel.

L’idée principale sera d’inverser le processus de production car nous ne déplaceront plus de produits. A l’inverse, nous déplacerons les techniques.

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6 – L’agriculture : une proposition de réforme de l’appareil productif

François-Xavier Bodet et Filipe Borges

L’Agriculture est l’art de manier le vivant entre ciel et terre. Elle est un processus par lequel les êtres humains aménagent leurs écosystèmes et contrôlent le cycle biologique d’espèces domestiquées, dans le but de produire des aliments et d’autres ressources indispensables à leurs sociétés.

Comment entreprendre une transition agro-écologique locale ?

Les forteresses de graines organisées autour de la Politique d’Agro-Ecologie Commune se structurent en interne autour de trois acteurs principaux :

  • Premièrement, les consommateurs : particuliers, collectivités (écoles, maisons de retraite) et restaurateurs qui souhaitent préserver la santé humaine et celle de leur environnement. Ils ont à coeur de soutenir les producteurs locaux et les circuits cours par leur pouvoir d’achat tout en s’investissant dans des initiatives collectives locales pour le développement d’une biorégion.
  • Deuxièmement, les agriculteurs : semenciers, éleveurs, maraichers, cultivateurs, soucieux de la biodiversité et de la santé des consommateurs ont pour objectifs de transiter vers une agro-écologie. Cette dernière s’appuie sur la connaissance des sols et de la biodiversité, basée sur des circuits courts, l’ensemble sans intrant.
  • Troisièmement, les acteurs extérieurs, partenaires, scientifiques, étudiants, associations sont indispensables au bon développement du projet, de part de leurs expériences, leurs connaissances et leur extériorité, ils sont essentiels à la transition, à la formation et à la recherche en agroécologie.

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7 – La valeur : une proposition de réforme de l’appareil productif

Claude Lahaye et Marie Annick Rabefiraisana

Aujourd’hui, le monde entier est régi par un système économique unique et souverain : le capitalisme financier mondialisé. A l’origine, ce dernier était un outil permettant l’échange entre différentes sociétés. Cependant il est rapidement devenu un but à atteindre par tous. Cette transformation a donné à l’argent les pouvoirs qu’il possède aujourd’hui, libérateur pour une minorité mais destructeur pour les 99% restant.
Dans ce système, tout objet, service, terrain qui nous entoure est marchandise. Comme l’énonce Marx dans son premier chapitre du Capital, les marchandises sont toutes caractérisables par leurs capacités à être valeur d’usage et valeur d’échange à la fois. Cela signifie qu’un même objet peut être produit pour être consommé immédiatement, c’est la valeur d’usage, ou alors pour être échangée contre de l’argent ou une autre marchandise c’est la valeur d’échange. La production dans ce système n’a au final pour but ni de nourrir une population, ni de lui fournir les moyens matériels nécessaire à son épanouissement. […] Ainsi, aujourd’hui, toute production a pour but d’être échangée contre de l’argent. La valeur d’usage des marchandises devenant par conséquent anecdotique.

Depuis notre plus jeune âge nous faisons confiance et nous avons surtout tout misé sur ce système de finance «auto-régulateur», sur une théorie de l’économie pure où seules les transactions du marché financier comptent.

Et si nous produisions uniquement de la valeur d’usage ?

Pour nous le don est la clé de la refonte de l’appareil productif actuel. Il est moins lié à des questions de dette et de redevabilité qu’à la question de la production. Dans cette forme d’économie du don, la société a des besoins, pour y répondre, chacun doit donner. Or, pour donner, il faut produire. Chaque membre est donc acteur de l’économie de la société et peut alors être qualifié de producteur-donneur-receveur.

Comment appliquer une économie du don de manière systémique ?

  • La première phase consiste en la création d’une association. Elle est le laboratoire expérimental où la question principale est comment subvenir à ses besoins alimentaires et matériels sans avoir recours à l’échange monétaire ?
  • La seconde phase commence dès lors où les membres de l’association sont capables de répondre collectivement aux besoins vitaux d’une personne : se nourrir, se vêtir, se chauffer, se loger.
  • La dernière phase du projet est atteinte lorsque tout le territoire de SNA est organisé en fonction de l’Economie du Don. Toute forme monétaire y est désormais abolie.

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8 – Le droit : une proposition de réforme de l’appareil productif

Sonia Chaya et Aurélie Vial

La loi est l’ordre dans le désordre. La loi est l’ensemble des règles juridiques. La loi régule la vie en société et tend à modifier son fonctionnement. La loi régit les territoires et populations. Michel Foucault explique dans son livre Sécurité, territoire et population, l’importance qu’accordait le souverain à la terre, cultivée à l’époque librement par les fermiers. En effet, selon lui, jadis, la considération de la nature était au même niveau que la sécurité du roi. Mais au fil du temps, elle sera négligée au profit du pouvoir économique, notamment à la fin du XVIIe siècle, à l’apparition du capitalisme.

L’approche du droit est donc essentielle dans la réforme de l’appareil productif, et la nature doit être au cœur du sujet de la loi.

Cette réflexion nous amène à la volonté de mettre en place une institution qui sensibilise à la redéfinition des droits de la nature. De ce fait, nous souhaitons créer une école de droit dans l’intérêt de l’environnement. Ladite école aura pour but d’investiguer et de faire des études quant à la répartition des terres et leur vocation selon les besoins des habitants de l’agglomération. Elle étudierait également les enjeux du territoire Seine Normandie Agglomération, suivant un phasage temporel, à plus ou moins long terme.

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Last modified: 19 mai 2020
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